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OSINT : enquêter avec des sources ouvertes et licites
À la fin de cette leçon, vous saurez cadrer une recherche ouverte et écarter les données personnelles inutiles.
La leçon en 30 secondes
L’OSINT consiste à chercher et recouper des informations accessibles par des moyens licites. Une enquête solide commence par une question limitée et par la protection des personnes, avant le choix des outils.
L’OSINT consiste à chercher et recouper des informations accessibles par des moyens licites. Une enquête solide commence par une question limitée et par la protection des personnes, avant le choix des outils.
Ce que ça veut dire
L’OSINT, recherche à partir de sources ouvertes, décrit une méthode de renseignement, pas un droit d’accès général. Consulter une carte publique ou un communiqué entre dans ce cadre. Contourner un accès, deviner un mot de passe ou se faire passer pour un proche afin d’obtenir une confidence ne fait pas partie de l’exercice proposé ici.
Le point de départ est un fait vérifiable. « Cette photographie montre un chantier dans le parc annoncé » peut être confronté à des documents. « Cette personne est suspecte » est un jugement vague qui encourage la collecte sans fin. Une question précise vous permet aussi de définir ce qui pourrait contredire votre première impression.
Cherchez une source primaire, produite au plus près de l’événement : document municipal, image originale ou compte rendu publié par l’organisme concerné. Son statut ne la rend pas infaillible. Le recoupement consiste à confronter des éléments dont les origines sont suffisamment indépendantes. Des articles qui recopient le même communiqué ne constituent pas des confirmations autonomes.
Un exemple concret
Prenons un exemple fictif : une publication annonce la fermeture d’un jardin public et montre une barrière. Votre question devient : « Les documents accessibles de la collectivité confirment-ils une fermeture correspondant à cette image ? » Vous cherchez l’avis officiel, son périmètre et les informations permettant de situer la scène. Vous ne cherchez ni le domicile de la personne qui partage la photo ni les noms des passants.
Avant de commencer, notez votre hypothèse et une explication concurrente : la barrière pourrait délimiter seulement une zone de travaux. Cette petite discipline freine le biais de confirmation, qui nous pousse à retenir les éléments favorables à ce que nous croyons déjà. Gardez les contradictions dans le dossier, même si elles compliquent le récit.
La fiche pour vérifier une rumeur avec des sites de vérification permet de chercher si l’affirmation a déjà été examinée. Une vérification antérieure doit elle aussi correspondre au lieu, à la période et à la version du message que vous étudiez.
Où placer les limites de la collecte ?
Une recherche ouverte peut révéler une adresse, des horaires ou des liens familiaux. Ces éléments peuvent exposer quelqu’un lorsqu’ils sont rassemblés, même s’ils étaient dispersés sur des pages publiques. Demandez-vous si chaque information aide réellement à répondre à la question. Si elle ne change pas la vérification, ne la conservez pas.
Le RGPD encadre les traitements de données personnelles dans son champ d’application. La CNIL rappelle que la réutilisation doit être examinée selon sa finalité et ses effets sur les personnes dans ses recommandations publiées le 12 juin 2024. Cette règle ne se résume pas à demander un accord dans tous les cas : la base juridique et les obligations dépendent du traitement envisagé.
Pour un projet professionnel ou une publication susceptible d’exposer quelqu’un, demandez l’avis du délégué à la protection des données de votre organisme ou d’un professionnel. Hors de France, les autorités compétentes comprennent l’APD belge, le PFPDT suisse, la CNPD luxembourgeoise et la CAI au Québec. Les règles européennes ne remplacent pas les règles locales.
Comment préparer un dossier utile sans l’alourdir ?
Écrivez une courte fiche de cadrage : affirmation exacte, objet public, sources envisagées, éléments exclus et condition d’arrêt. La condition d’arrêt peut être l’absence d’accès licite à un document nécessaire. Ne transformez pas ce manque en invitation à contourner un obstacle.
Séparez vos observations de vos interprétations. « Le communiqué mentionne des travaux » décrit un document ; « la publication cherche à tromper » attribue une intention que ce document ne démontre pas. Pour chaque pièce retenue, gardez son adresse, la date de consultation et le passage utile. La fiche pour conserver une copie datée d’une publication publique accompagne ce geste.
Relisez enfin votre question sans regarder votre hypothèse initiale. Une autre personne pourrait-elle comprendre ce que vous cherchez et reconnaître un résultat contraire ? Si oui, vous disposez d’un cadre de recherche exploitable. Si la question demande surtout de dresser le portrait d’un particulier, reformulez-la avant toute collecte.
Pour aller plus loin
La prochaine leçon apprend à comparer des indices géographiques sur une image publique d’exercice. Vous conserverez cette même limite : vérifier une scène sans localiser la vie privée de quelqu’un.
Une information visible en ligne ne devient pas librement exploitable pour tous les usages.
Testez-vous
La question porte sur un lieu public et une affirmation, sans rechercher une identité privée.