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Arnaque SMS colis : comment la reconnaître et la signaler

L'article en 30 secondes
Un SMS qui annonce un colis bloqué et réclame un paiement ou un lien est une tentative d'hameçonnage classique. Ne cliquez pas : vérifiez le suivi depuis le site du vendeur ou de l'application du transporteur que vous utilisez déjà. Puis transférez le message au 33700 et, si vous avez saisi des données bancaires, faites opposition à votre carte sans attendre.
Un SMS qui vous annonce qu’un colis est bloqué et vous demande de payer quelques euros ou de « confirmer votre adresse » par un lien est très probablement une tentative d’hameçonnage. Ne cliquez pas : ouvrez vous-même le suivi de votre commande depuis le site du vendeur ou l’application du transporteur, puis signalez le message au 33700.
À quoi ressemble l’arnaque au SMS de colis ?
Prenons un exemple fictif. Martine reçoit un SMS « de Chronopost » : son colis n’a pas pu être livré, il faut régler 1,99 € de frais de réexpédition avant ce soir, sinon il sera renvoyé. Un lien raccourci est joint. Or Martine a justement commandé un cadeau la semaine dernière. Le message tombe pile, et c’est tout l’intérêt de la manœuvre.
Il s’agit d’hameçonnage (phishing en anglais) par SMS, un SMS frauduleux au sens large : un faux expéditeur cherche à vous faire ouvrir une fausse page pour récupérer des informations, le plus souvent vos données de carte bancaire. Les petites sommes demandées servent d’appât : un montant dérisoire rassure, mais la page vous réclame le numéro complet de votre carte, parfois aussi un code de validation reçu par SMS ou dans l’application de votre banque.
Le message peut aussi se faire passer pour un autre transporteur, un point relais, la Poste ou même un service des douanes. Les fraudeurs ne connaissent pas votre commande : ils envoient des messages en masse et comptent sur le fait que certains destinataires attendent réellement un colis.
Quels signes doivent vous alerter ?
Aucun signe n’est une preuve à lui seul. Un vrai message peut être maladroit, un faux peut être impeccable. Plusieurs indices réunis doivent toutefois vous faire ralentir.
- Un paiement demandé pour une livraison que vous n’avez pas prévue, même minime.
- Une urgence artificielle : « avant ce soir », « dernier avis », « colis renvoyé à l’expéditeur ».
- Un lien raccourci ou une adresse étrange, qui ne correspond pas exactement au nom du transporteur ou du vendeur.
- Un expéditeur inconnu : un numéro de portable ordinaire ou une adresse d’envoi sans rapport avec le transporteur.
- Un message vague : pas de numéro de commande, pas de nom du vendeur, pas de détail que vous pourriez recouper.
- Une demande de données sensibles : numéro de carte, code reçu par SMS, mot de passe.
Le point à retenir tient en une phrase : un message ne prouve pas son propre sérieux. La bonne question n’est pas « ce SMS a-t-il l’air vrai ? » mais « ma commande apparaît-elle comme bloquée dans le service que j’utilise d’habitude ? ».
Comment vérifier sans cliquer sur le lien ?
La règle consiste à passer par un chemin que vous avez vous-même choisi, jamais par celui qu’on vous tend.
- Retrouvez votre commande dans votre compte sur le site du vendeur, ou dans l’e-mail de confirmation que vous avez reçu au moment de l’achat.
- Ouvrez le suivi à partir de ce site, ou de l’application du transporteur que vous avez installée vous-même depuis la boutique officielle de votre téléphone.
- Comparez : si un incident est réellement signalé, il apparaîtra là. Si le suivi indique une livraison en cours normale, le SMS était faux.
- En cas de doute, contactez le vendeur ou le transporteur avec les coordonnées trouvées sur son site officiel, pas celles du message.
Si vous n’avez commandé aucun colis, la question est vite réglée. Si vous en attendez un, la coïncidence ne compte pas comme preuve. Notre fiche sur le contrôle d’un lien suspect sans ouvrir sa destination détaille les gestes pour examiner une adresse sans la visiter.
Les pratiques varient d’un transporteur à l’autre : pour connaître la procédure exacte en cas de colis non remis, reportez-vous au site officiel du transporteur concerné.
Que faire si vous avez déjà cliqué ou saisi des informations ?
Reconstituez calmement ce qui s’est passé : lien ouvert, page fermée, ou données saisies. La réponse dépend de ce que vous avez transmis. Les recommandations ci-dessous reprennent celles de la fiche réflexe officielle de Cybermalveillance.gouv.fr sur l’hameçonnage, consultée le 28 octobre 2026.
| Votre situation | Geste prioritaire |
|---|---|
| Message reçu, rien d’autre | Ne cliquez pas, ne répondez pas, conservez le message, signalez-le |
| Lien ouvert, rien saisi | Vérifiez l’adresse affichée, fermez la page sans fournir d’information |
| Numéro de carte ou données bancaires saisis | Faites opposition immédiatement auprès de votre banque |
| Mot de passe saisi | Changez-le sur le vrai service et sur tous ceux où vous l’utilisiez aussi |
| Argent débité | Faites opposition, conservez les preuves, déposez plainte |
Pour l’opposition, utilisez le numéro figurant au dos de votre carte ou dans votre espace bancaire habituel, jamais un numéro communiqué par SMS ou par un « conseiller » qui vous a rappelé de lui-même. Si vous avez validé une opération par un code, indiquez-le à votre banque : cela l’aide à qualifier la fraude.
Cybermalveillance.gouv.fr rappelle aussi qu’il est possible de déposer plainte auprès d’un commissariat, d’une brigade de gendarmerie ou par écrit au procureur de la République, et que France Victimes accompagne gratuitement les personnes touchées au 116 006. Pour obtenir des conseils après une escroquerie, le service Info Escroqueries répond au 0 805 805 817 (appel gratuit, du lundi au vendredi). Ces coordonnées sont celles indiquées par la fiche officielle à la date de consultation ; vérifiez-les sur le site avant d’appeler.
Comment signaler le SMS (et pourquoi le faire) ?
Signaler ne vous coûte presque rien et aide à faire bloquer des numéros et des adresses. Selon la fiche officielle citée plus haut, les SMS et MMS se signalent via la plateforme 33700, en transférant le message au 33700 (service gratuit). Vous trouverez la procédure pas à pas, avec les écrans de téléphone, dans notre fiche signaler un SMS frauduleux au 33700. Le site officiel du service est 33700.fr, consulté le 28 octobre 2026.
Selon cette même fiche, trois autres signalements sont utiles selon les cas :
- le faux site vers lequel menait le lien : Phishing Initiative peut contribuer à faire bloquer l’adresse ;
- l’organisme dont l’identité a été usurpée (le transporteur ou le vendeur) : prévenez-le par son site officiel ;
- les e-mails de même nature : Signal Spam.
Conservez le message avant de le supprimer ou de bloquer le contact : il sert de preuve si vous devez déposer plainte ou contester un débit. Une fois le signalement fait, vous pouvez bloquer le numéro sur votre téléphone. Ce sont deux gestes distincts : le blocage vous protège, le transfert au 33700 aide les autres.
En dehors de la France, utilisez les dispositifs de votre pays et les coordonnées officielles de l’organisme concerné ; le 33700 est un service français.
Comment se protéger la prochaine fois ?
Quelques habitudes suffisent à désamorcer la plupart de ces messages.
Gardez un seul point d’entrée par commande. Quand vous achetez en ligne, notez où vous suivrez la livraison : compte du site, e-mail de confirmation, application du transporteur. Tout autre chemin devient suspect par défaut.
Ne saisissez jamais un code reçu par SMS pour « valider un paiement de livraison ». Un code de validation sert à confirmer une opération que vous avez vous-même lancée. Si personne n’attend ce code, ne le donnez à personne. La leçon réagir à une demande de codes explique pourquoi.
Activez la double authentification sur vos comptes importants. Elle n’empêche pas l’hameçonnage de fonctionner sur la carte bancaire, mais elle limite les dégâts si un mot de passe est volé. Voir la leçon comprendre le second facteur.
Apprenez à vos proches. Les personnes qui reçoivent beaucoup de colis, ou qui sont moins à l’aise avec le téléphone, sont des cibles régulières. Une conversation de dix minutes à la table familiale vaut mieux qu’une alerte lue trop tard. Pour comprendre le mécanisme plus large derrière ces messages, lisez notre article reconnaître un mail ou un SMS de phishing.
Ce qu’il faut garder en tête
Un SMS de colis qui réclame un paiement ou un lien est un message à vérifier, pas à suivre. Vous n’avez pas à prouver que c’est une fraude : il suffit que vous n’en ayez pas besoin pour avoir le colis. Vérifiez via votre commande, signalez au 33700, bloquez l’expéditeur, et si une carte a été saisie, faites opposition sans attendre.
On nous demande souvent
J'attends vraiment un colis : le SMS peut-il être faux ?
Oui. Les fraudeurs misent justement sur la coïncidence. Ne vous fiez pas au message : ouvrez le suivi depuis le site du vendeur ou l'application du transporteur que vous utilisez habituellement.
Que faire si j'ai cliqué sur le lien sans rien saisir ?
Fermez la page sans fournir d'information. Vérifiez l'adresse affichée : si elle ne correspond pas exactement au site officiel, il s'agit très probablement d'un site frauduleux. Surveillez ensuite vos comptes par précaution.
Que faire si j'ai donné mon numéro de carte ?
Faites opposition immédiatement auprès de votre banque, en utilisant les coordonnées figurant sur votre carte ou votre espace bancaire habituel, puis conservez le SMS et déposez plainte si vous avez subi un préjudice.
Faut-il répondre STOP au SMS ?
Non. Répondre confirme que votre numéro est actif et peut entraîner de nouveaux messages. Transférez le SMS au 33700 puis bloquez l'expéditeur.


